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Vendredi 25 avril 2014

A propos de l'auteur

Bonjour et bienvenue ! Je m’appelle Ludivine, je suis interne en médecine générale et future généraliste. A travers ce blog, j'aimerais à la fois vous transmettre l'essentiel des bases pour bien comprendre votre corps et vous aider à mieux apprivoiser la logique du monde médical.

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10 conseils de vie pour les enfants

On parle beaucoup de l’hygiène de vie chez les adultes, mais qu’en est-il pour les enfants ? Quelles sont les bonnes bases que l’on peut donner à nos enfants pour leur assurer un bon capital d’avenir ? Voici un petit tour d’horizon des recommandations en matière d’alimentation, de prévention des maladies et d’hygiène de vie.

- Sel :ne pas ajouter de sel aux plats est très important. Il est majoritairement éliminé par le rein, ce qui le fait travailler excessivement. Les reins sont chez les enfants en mode d’adaptation permanente aux changements de nourriture et ils n’ont pas l’habitude de filtrer autant de sel (notamment lors du passage lait –> solides). Saler, c’est diminuer d’un peu plus l’espérance de vie de ses reins et en conséquence augmenter ses risques de développer une hypertension artérielle (HTA). Cela marche aussi pour les adultes (pensez-y !). De plus, comme vous le savez probablement, les aliments sont naturellement salés, avec juste ce qu’il faut. Et concernant le goût, celui qui manque et qui fait que les adultes rajoutent du sel, si on ne s’y habitue pas tout petit, on en aura pas besoin une fois adulte. Ne laissez pas vos enfants vous imiter en salant le plat, vous ne leur rendez pas service.

- La viande : la viande pose le même type de problème que le sel en cela que les nombreuses protéines sont éliminées par le rein et le font travailler. L’intérêt de la viande est d’apporter des protéines pour construire des cellules. Hors, les protéines se trouvent également dans d’autres aliments tels que les légumineuses et les céréales, ce qui permet de ne pas servir tout le temps de la viande. Cela signifie qu’un enfant peut également être végétarien et en parfaite santé. Au niveau des quantités, que l’on parle de viande ou de lentilles, un enfant de moins de deux ans a besoin de 10g de protéines par jour ce qui n’est vraiment pas beaucoup ! A 4 ans : 15 g/j et pour un adolescent 45 g/j (on est loin des quantités contenues dans les hamburgers…). Sachant que la quantité officielle (qui est déjà surdosée par rapport à nos besoins réels) est de 1g de protéines par kilo de poids et par jour.

- Fluor : carences d’apport dans l’alimentation, pensez à supplémenter vos enfants pour qu’ils aient des dents solides (attention toutefois à ne pas laisser la boite à portée de main, le fluor, ça a un bon goût et ça donne envie de tout manger d’un coup !).

- Brossage des dents : soyez impartial sur l’hygiène buccodentaire. Au minimum une fois par jour, le soir, dans l’idéal après chaque repas (à choisir entre petit-déjeuner et déjeuner, préférer petit-déjeuner). Vous n’imaginez pas le nombre de maladies qui sont favorisées à l’âge adulte par une mauvaise hygiène bucco-dentaire (dont certains cancers ! – ceux qui dépendent de l’alcool et du tabac).

- Vitamine D : le manque en vitamine D qui est probable chez l’adulte (voir article) est une réalité chez l’enfant. Tous les enfants ont besoin d’être supplémentés en vitamine D. Les recommandations officielles prévoient un apport jusqu’à 18 mois puis une ampoule de vitamine D tous les hivers jusqu’à 5 ans et pendant l’adolescence.

- Rythme alimentaire : le goûter de 10h n’est plus recommandé chez les enfants. On en arrive à 4 repas : petit-déjeuner, déjeuner, goûter (produit laitier ou fruit, ça peut vous paraître triste mais en même temps si on prend de bonnes habitudes au début, elles restent en mémoire) et dîner.

- Vaccins : en l’état actuel de mes connaissances, je vous conseille de faire vacciner vos enfants car on voit toujours des enfants qui ont des séquelles de maladies pour lesquelles un vaccin existe. Il n’y a qu’un seul vaccin obligatoire à l’heure actuelle : DT-polio (triple vaccin contre la diphtérie, la poliomyélite, et le tétanos). Les autres sont recommandés :

  • Rougeole-oreillons-rubéole (ROR triple vaccin) dès 1 an
  • Hépatite B (dès deux mois) qui est une infection sexuellement transmissible touchant le foie puis le reste du corps,
  • Tuberculose (qui n’est pas prête de disparaître)
  • Coqueluche (dès 2 mois) responsable d’une toux qui peut devenir asphyxiante
  • Méningocoque C (dès 1 an) responsable de méningite (infection des enveloppes du cerveau, voire du cerveau lui-même
  • Haemophilus (dès deux mois) responsable d’infections respiratoires pouvant mener à une asphyxie
  • Pneumocoque (dès deux mois) responsable d’infections multiples, notamment respiratoires

Pour limiter le nombre d’injections, certains vaccins sont disponibles en association (exemple : DT-polio + Haemophilus + coqueluche + hépatite B).

- Sommeil : régularité des horaires de coucher. Soyez intransigeants ! Plus c’est régulier et moins l’enfant rechigne à aller se coucher. Les rituels sont tout à fait acceptables voire nécessaires, mais ils ne doivent pas s’éterniser ni changer. 5 minutes d’histoire, bisou, doudou et la suite demain (plus facile à dire qu’à faire, mais vraiment utile et préventif des insomnies à l’âge adulte).

- Médicaments : attention à l’automédication ! Les organes d’épuration (foie, reins sont moins performants que les vôtres). En particulier, jamais d’anti-inflammatoires (aspirine, advil et tout ça même en sirop) chez un enfant de moins de 6 mois ! Précautions d’âge ou de dose également pour certains antibiotiques comme les tétracyclines (coloration des dents définitive) ou les aminosides (surdité). Ne jouez pas avec le feu, consultez un médecin ou demandez l’avis d’un pharmacien.

- Observation : ne négligez pas d’observer vos enfants, savoir noter un changement d’attitude et de comportement peut rendre bien des services pour savoir à quel moment s’alerter.

Vous l’aurez compris, une bonne hygiène dès le départ de la vie, ça aide à grandir dans de bonnes conditions. Toutes ces petites choses qui peuvent apparaître sous forme de détails à première vue, sont pour l’organisme autant d’acquis qui resteront pour le reste de la vie. Des habitudes dont l’organisme se souvient et qu’il aura plus de facilités à retrouver plus tard, même après l’adolescence.

Crédit photo : stock.xchng




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17 Réponses de “10 conseils de vie pour les enfants”

  1. Merci pour l’info sur Twitter
    Des conseils basiques mais primordiaux. Petit point sur la nourriture, ne pas (trop) s’affoler si nos mini-nous ne mangent pas forcément toutes leurs assiettes à chaque repas, du moment que dans la semaine le rapport est équilibré, cela suffit.
    Ça ne sert à rien de forcer et de se battre jusqu’à faire crier et pleurer tout le monde parce que l’assiette n’est pas terminée.
    C’est certain si l’enfant préfère le dessert au repas il faut savoir négocier, la moitié de l’assiette vaut mieux que rien du tout. Mais en cas de fatigue, de maladie ou tout simplement de peu d’appétit il faut savoir être conciliant.

    • admin dit :

      Très bon commentaire de complément, merci ! Dis moi tu m’as l’air d’être bien renseigné sur la question, ça fait plaisir. Je partage totalement ton avis sur l’alimentation, tout comme les adultes, les enfants ont de bonnes réserves. Un repas en moins est bien moins grave que l’inverse ! Je confirme également le concept d’équilibre alimentaire sur la semaine, c’est un mode de pensée très utile pour évaluer la qualité de ses apports.
      Ravie de t’avoir comme lecteur :)

  2. Autant profiter pour poser une question :

    à 4 ans, 15g de protéines animales par jour?
    Adolescent, 45g par jour?
    Et à 8 ans? :-) car je suis père d’un garçon….

    Euh, et adulte, combien par jour???? Par curiosité…..

    Que se passerait-il si on mange trop de protéines par jour? Nous sommes des carnivores…. :-D

    Merci !

  3. Bonjour ! Bravo pour ce site que je découvre avec beaucoup d’intérêt.
    Une petite question : tu parles de supplément de fluor mais je lis tout et son contraire sur le sujet, voir par exemple Prescrire qui ne recommande pas de supplémentation chez les moins de 2 ans (au moins) http://www.prescrire.org/Fr/3/31/23224/0/2002/ArchiveNewsDetails.aspx?page=1
    Pour le sommeil et la nourriture, il est bien sûr important d’entretenir une bonne hygiène de vie chez les enfants mais dans la pratique ce n’est pas facile tous les jours ;-) Et pour moi il est important que la nourriture notamment reste avant tout un moment de plaisir partagé et convivial plus qu’un savant calcul de tant de grammes de ci et de ça (même si bien sûr on ne mange pas des frites à la mayo à tous les repas…). J’aime bien l’approche du GROS (http://www.gros.org).
    Enfin pour apporter un petit témoignage sur l’observation, il y a peu nous avons emmené successivement nos deux enfants chez le médecin alors qu’ils n’avaient pas beaucoup de symptômes alarmants (fièvre…) mais tous les deux semblaient vraiment souffrir et deux belles otites ont été diagnostiquées (et au bout de 2 jours d’antibios nous les avons vu repasser d’ultra-pénibles à charmants). Donc je pense qu’un parent peut aussi savoir que son enfant ne va pas bien au-delà du tableau clinique classique.

    • Ludivine dit :

      Fluor : en voilà une question qui m’a posé problème. Après un point sur plusieurs facultés de médecine françaises, ma conclusion est que le fluor n’est plus recommandé chez le nourrisson (0-2 ans) ni systématiquement chez l’enfant sauf malnutrition et risques de carence. Le risque de surdosage (fluorose=tâches blanches sur les dents voire brunes si abus de fluor) chez des enfants ayant des apports en fluor « extérieurs » notamment par les eaux de boissons (cf. lire les étiquettes des bouteilles d’eau minérale) semble être ce qui a changé les pratiques. Le but est d’avoir un apport en fluor entre 0.1 et 1 mg/j entre 0 et 1 an, puis de 0,5 à 1,5 mg/j entre 1 et 3 ans, enfin de 1,5 à 2,5 mg jusqu’à 16 ans. Après, à nous de faire le calcul pour voir si grosso-modo ça va le faire ou pas. L’autre source de fluor à part l’eau en bouteille (bien que les eaux de boisson soient considérées comme peu fluorées en France) est le dentifrice spécial enfant. Celui-ci est en général supplémenté en fluor et son usage 2x/j permet d’avoir l’esprit tranquille quant aux caries.
      Clairement pour la nourriture, il ne faut pas en faire une obsession, se laisser de la marge et du plaisir, mais l’idée de base est plutôt de se responsabiliser et de se dire que ce que l’on donne à manger n’est pas sans effet « parce que c’est un enfant ». Merci pour les liens, j’aime bien également.
      J’approuve ton observation concernant les otites ; le plus important pour un parent n’est peut-être pas tant de savoir faire le diagnostic de la maladie chez son enfant (bien que l’expérience aide beaucoup) mais plutôt d’interpréter le comportement et ses changements, ce qui rend des services quelles que soient les capacités de communication de l’enfant.
      PS sur la fièvre : quel que soit l’âge, elle est toujours à considérer comme un signe significatif et à surveiller.

  4. Woodie dit :

    J’aimerais bien avoir des références sur la prévention des insomnies chez l’adulte par la régularisation des rythmes du sommeil chez l’enfant.

    • Ludivine dit :

      Bonjour Woodie, je n’ai malheureusement pas de référence à vous fournir, étant donné que cette information était extraite d’une conversation que j’ai eue avec un pédiatre.

  5. ioshi dit :

    Bonjour,

    J’arrive ici aussi à partir du blog de la Poule Pondeuse.

    Je trouve vos articles très éclairants et celui sur la surdité est particulièrement bien documenté. Par contre, pour celui-ci, je reste un peu sur ma faim pour l’argumentaire des vaccins. Allez faire un tour dans les pays en voie de développement me semble vraiment court.
    Ceci dit, je pense que la vaccination est effectivement un procédé très ingénieux et efficace pour éviter les maladies et qu’il serait dommage de s’en priver.

    • Ludivine dit :

      Bonjour Ioshi,
      mon argumentaire n’était pas très développé, c’est vrai, mais je ne voulais conserver un article généraliste sur les enfants. En revanche, la vaccination avec tous les préjugés qu’elle véhicule pourrait nécessiter un article entièrement dédié. Je vais m’y atteler ces prochaines semaines. Merci pour l’idée :)

  6. « Très bon commentaire de complément, merci ! Dis moi tu m’as l’air d’être bien renseigné sur la question, ça fait plaisir. Je partage totalement ton avis sur l’alimentation, tout comme les adultes, les enfants ont de bonnes réserves. Un repas en moins est bien moins grave que l’inverse ! Je confirme également le concept d’équilibre alimentaire sur la semaine, c’est un mode de pensée très utile pour évaluer la qualité de ses apports.
    Ravie de t’avoir comme lecteur »

    En effet, je suis papa aussi, donc la nourriture et les cocos qui font beurk alors qu’ils ton la dalle je connais ! mdr

  7. oops dit :

    Bonjour,
    comme d’autres, lectrice assidue de la Poule, je viens faire un tour par ici de temps en temps.
    J’ai une remarque concernant le sommeil : il me semble que le crédo « horaires de coucher fixe + rituel » est très répandu, mais comme il n’est pas facilement conciliable avec l’allaitement à la demande, je ne l’ai jamais suivi avec ma fille de bientôt 10 mois.
    Et j’ai de toute façon un grand doute sur son efficacité : c’est à cette sauce que la génération de mes parents et la mienne a été éduquée, le résultat est un consommation alarmante et toujours plus importante de somnifères et autres aides à l’endormissement.
    Je fais vraiment un lien de cause à effet : je suis moi-même insomniaque, mais tant que je reste à l’écoute de mes cycles (autant que c’est possible de le faire avec un enfant en bas âge), je gère. Or, ils ne sont pas plus réguliers chez moi que chez ma fille : selon les activités de la journée (très intellectuelles / très physiques / sorties ou pas…), nos besoins de sommeil (et notre faim) varie, ce qui est plutôt logique.
    A moins d’avoir une vie réglée comme du papier à musique (ce qui sera le cas avec l’école), je ne vois pas trop de raison de « régler » ni les enfants… ni les adultes ! Il faut dire qu’il n’y a pas de télé à la maison, et que je travaille à mon compte chez moi (la nuit principalement). Ça aide beaucoup à favoriser l’écoute des cycles naturels de chacun.
    J’ai choisi cette méthode avec ma fille pour justement lui éviter les insomnies plus tard… Donc je la couche quand je vois des signes de fatigues, de jour comme de nuit, soit entre 19h et 21h, voir plus tard si nous sortons / recevons et que mademoiselle veut participer.
    Avez-vous des informations précises à ce sujet ? Car si je pouvais lui éviter un des « maux du siècle », j’aimerais autant !
    Bravo pour votre blog, une mine d’or !

    • Ludivine dit :

      Bonjour Elise, dans l’immédiat je n’ai pas d’information précise ni d’étude à citer qui me vienne à l’esprit. Les troubles du sommeil sont en effet un des motifs de consultation fréquents et cela inquiète beaucoup les gens. Plusieurs personnes m’avaient posé des questions sur le sommeil sous la vidéo « dites moi comment vous aider ». Je vais me documenter sur le sujet et j’en reparlerai au cours d’un article réponse ou d’une vidéo. De prime abord, je dirai qu’il n’y a pas de solution miracle pour éviter les insomnies (et surtout pas les hypnotiques), mais apprendre à écouter son corps fait sans doute partie des meilleurs conseils que l’on puisse donner… et que vous appliquez déjà ;)

  8. Bonjour, je relis cet article intéressant (j’ai bien intégré le passage sur le sel, mais ma fille de 3 ans 1/2 adore ça et je suis obligée de le cacher…).
    J’ai juste une remarque à faire au sujet des vaccinations. Mettre sur le même plan que les autres la vaccination très controversée contre le papillomavirus HPV ne me semble pas très judicieux.
    http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=908

  9. Titelo dit :

    Sachant que la chair animale (viande ou poisson) n’est absolument pas nécessaire au bon développement des enfants et qu’elle pose à l’âge adulte des soucis de santé, il semble préférable d’y habituer les enfants le plus tard possible et que celà reste quelque chose d’exceptionnelle comme celà devrait être le cas pour tous ceux qui ne sont pas végétariens.
    Quand aux produits laitiers ils ne sont pas non plus nécessaire.
    Pour ces deux types d’aliments, l’enfant trouvera sans aucun souci à garantir ses besoins par d’autres apports (protéines végétale, minéraux dans les végétaux, etc…)

  10. steuf42 dit :

    pas facile de trouver un médecin ou un pédiatre « open » à l’alimentation végétarienne. mon bébé a 6 mois, la pédiatre nous a donc conseillé de commencer à ajouter de la viande dans ses purées de légumes…
    je lui réponds donc que je suis végétarienne et que je voudrais qu’il mange comme moi, que je ne veux pas cuisiner de la viande.
    et là…elle me répond, bah achetez lui des petits pots tout prêts avec de la viande!
    je lui demande si je peux remplacer par du jaune d’oeuf ou un peu de gruyère?
    et là…bah non…l’oeuf pourquoi pas, mais il faut de la viande, ce ne sont pas les mêmes apports en protéines.
    Pour le fluor, il prend un complément depuis un bout de temps et la pédiatre m’a dit qu’il fallait continuer jusqu’à l’age de 2 ans.
    et pour les vaccins, même si ce n’est plus « à la mode », il vient d’être vacciné contre la tuberculose…j’étais assez hallucinée d’apprendre qu’il n’était plus obligatoire!

  11. FFXIV Gil dit :

    safe power leveling and gold

    I’m not sure what I would have done if I hadn’t come across such a stuff like this.

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